Mes Découvertes

Découvertes Oeno

Mardi 3 février 2009

Mon périple aux Etats Unis m'a tenu à l'écart de mon blog pendant davantage de temps que je ne l'aurais souhaité. Il me reste toutefois à poster ce petit compte rendu sur une découverte, ou plutôt, une redécouverte napalaise.


Poursuivons donc ce petit tour dans la Napa en visitant une autre institution de la Vallée. J’ai nommé Opus One. Voici encore une winery de la Napa dont les propriétaires sont Français, ou du moins en partie, et qui produit du « Bordeaux Style Wine ». En effet, cette propriété viticole est le résultat de l’association du Baron Philippe de Rothschild et de Robert Mondavi, deux monuments du monde vitivinicole de chaque côté de l’Atlantique.


C'est Michael Silacci, le directeur technique d'Opus One, qui nous a fait l'honneur de nous faire la visite de la propriété. L'aspect technique fut donc abordé dans son sens le plus vrai, et nous avons goûté au souci exquisément perfectionniste qui règne en ces lieux.

Pour situer

Opus One se trouve à Rutherford, à quelques miles au Nord de Dominus Estate. D'influence française et américaine, l'architecture de la winery réserve la surprise d'une association de caractères qui la rendent tout à fait intéressante. L'allée bordée d'oliviers, offre un côté terroir et authentique, qui est vite compensé par le côté clinquant, mais pas de mauvais goût, du bâtiment principal. Une architecture à l'américaine qui saute d'abord aux yeux, avec une entrée massive, de la musique classique jouée à toute heure du jour et de la nuit, et une atmosphère légèrement surfaite. Rien de dramatique, juste un brin déroutant pour des yeux et un cerveau français.

 


Quelques mots sur la production

Avec environ 70 hectares de vignes, Opus One produit deux vins rouges, Opus One, et son second vin, Overture. Issus de Cabernet Sauvignon, de Cabernet Franc, de Merlot, de Malbec et de Petit Verdot. Qui peut se vanter d'être aussi Bordelais? Tout comme ceux de Dominus Estate, ici, dans la Napa Valley, on appelle les vins d'Opus One des "Bordeaux Styles". 

A vrai dire, à la dégustation, outre la note chaleureuse, rien ne semble plus bordelais que ce superbe vin.


Notes de dégustation

Opus One 2005– Napa Valley 
Quel superbe millésime nous avons eu la chance de déguster. Ce 2005, loin d'être uniquement exceptionnel en France, se montre particulièrement flateur dans la Napa...

Le premier nez s'étale sur les arômes de cerise noire et d'épice. le caramel, la cannelle, la prune et le menthol qui l'accompagnent forment une palette des plux complexes à l'aération. Ce sont là les fruits rouges et noirs bien mûrs, les épices, l'eucalyptus généreux qui explosent en bouche, tout en deumeurant vraiment élégant.
En bouche, le vin se présente sans honte sur le fruit mûr en exhibant une fraîcheurrare pour la région. Le grain des tanins est fin et allie avec délicatesse la finesse et la rondeur de l'ensemble qui se caractérise par une belle acidité.
Très long, fin et droit en bouche. Une belle présence et une impressionante régularité sur la longueur.

Opus One
Rutherford, Napa Valley

Par Jeanne Girardot
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Samedi 24 janvier 2009

Après la visite de Dominus, il est de bon ton de découvrir des vins un peu plus locaux, histoire d’être en phase avec le vrai caractère des vins de Napa.

 

C’est Nathalie, une amie française qui vit ici qui nous a fait  partager une bouteille de Era, de la Winery Alpha Omega. Je connaissais les vins –rouges et blancs- de cette winery, mais celui-ci est le petit dernier de la maison, il s’agit de la cuvée prestige.

 

Comme je le mentionne quelques lignes plus haut, je pensais sortir du cadre « Bordeaux Style Wine » en dégustant ce vin. En réalité, je découvre, non sans déception, qu’il est très inspiré Bordeaux, du moins davantage que ses grands frères.

 

Michel Rolland est œnologue consultant pour Alpha Omega Winery. Si je ne suis d’ordinaire pas particulièrement amatrice de la patte Rolland, je dois dire que le vin est plutôt vraiment réussi !

 

En ce qui concerne l’assemblage, je n’ai pas eu l’information, mais je soupçonne la composition très bordelaise suivante :

45% Cabernet Sauvignon, 45% Merlot, 5% Cabernet Franc, 5% Petit Verdot, grosso modo… A vérifier.


Notes de dégustation

 

Era 2006 – Alpha Omega - Napa Valley

Le premier nez un peu pétrole et caoutchouc s’estompe rapidement à l’aération, et se dégagent des arômes de cèdre et de bois de santal, accompagnés de notes prunes et de cerise très mûres, de coing, d’épices, de café, de chocolat amer et de bonbons à la réglisse (ceux que l’on trouve aux Pays Bas et dans les pays scandinaves et qui sont salés). Un côté alcooleux est omniprésent sans pour autant être désagréable.

En bouche, l’attaque offre une belle intensité sans être excessive. Il présente un ensemble très suave avec une matière moyennement puissante. L’acidité est bonne avec une  puissance tannique modérée. Un crémeux linéaire enrobe le tout de façon très agréablement délicate. Côté arômes, on reste sur les fruits noirs mûrs que l’on avait noté au nez, le caramel, le pruneau, les épices, le praliné. Une finale plutôt longue tout en douceur.

 

Une jolie découverte, seul bémol, le prix. A plus de 175 dollars la bouteille, le vins est on ne peut plus surévalué…

 

Alpha Omega Winery – Napa Valley

1155 Mee Lane at Hwy 29

Rutherford, CA 94573

USA

Par Jeanne Girardot
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Jeudi 22 janvier 2009

Mon petit séjour dans la Napa est l’occasion de revenir en terrain connu et notamment côté œnologique. En effet, lorsque nous vivions à Napa, nous travaillions tous les deux dans la sphère viti-vinicole locale, comme aujourd’hui à Bordeaux. Laurier, qui est œnologue et ingénieur agricole, travaillait à Dominus Estate
 

Bien qu’étant à des milliers de kilomètres de Bordeaux, cette propriété viticole de renom produit des vins très « Bordeaux Style » comme on dit par ici. Cette définition fait opposition aux type de vin local, qui est plus puissant, plus typé caramel et fruits mûrs. Cette inspiration française est loin d’être un hasard. 

En effet, Dominus Estate appartient à Christian Moueix qui fait partie de la famille propriétaire de Pétrus, à Pomerol, et de bien d’autres propriétés dans le bordelais. Autrement dit, l’heureux propriétaire de ce domaine, est loin de s’être lancé dans la conquête du Nouveau Monde à l’aveuglette et sans expérience. Aujourd’hui, je crois que l’on peut affirmer que Dominus Estate est l’exemple même du succès de l’exportation du savoir faire français.

 


Pour situer
La Napa Valley se situe en Californie, au Nord-Est de San Francisco. Bien que chacun des 50 états produit du vin, -même l’Alaska !- cette région viticole est sans conteste la plus renommée et regroupe les propriétés viti-vinicoles les plus prestigieuses du pays. 
 

Dominus Estate se trouve dans le tiers Sud de la Vallée, au pied des montagnes Mayacamas. L’ensemble du vignoble est en fait un lieu-dit appelé Napanook. Il n’était pas rare qu’en travaillant dans les vignes, Laurier découvre des pointes de flèches ou de lances. Taillées dans une sorte de verre volcanique, elles constituent les vestiges des armes des Amérindiens qui jadis, vivaient ici. Jean-Marie Maurèze, le chef de culture de Dominus en possède une impressionnante collection.

Autre curiosité croisée dans les vignes, moins plaisante celle-ci, sont les serpents à sonnette. Heureusement que sonnette il y a, pour s’en aller à temps. Les ouvriers de la vigne, Mexicains à une écrasante majorité, ont toujours le fusil à pompe dans leur truck en cas de besoin…

C’est l’architecture qui rend la propriété si singulière. Dans un souci d’être en permanence au milieu des vignes pour mieux travailler, Christian Moueix a voulu un bâtiment qui soit totalement intégré au vignoble. Ainsi, les architectes suisses Herzog et Meuron –davantage connus pour l’édifice du Tate Modern à Londres- ont imaginé un large bâtiment rectangulaire regroupant les chais et les bureaux et dont les « murs » sont composés de cages en inox, remplies de pierres en basalte, créant ainsi une excellente isolation. Les parois des bureaux sont en verre, permettant d’avoir toujours un œil sur le vignoble, même devant un ordinateur. Un petit coup de génie qui permet de travailler au plus près du vignoble et, accessoirement, de bénéficier d’une vue de toute beauté.
 


Quelques mots sur la production
La propriété, qui compte 50 hectares environ, est principalement plantée de Cabernet Sauvignon, ainsi que dans le Médoc. En effet, les sols sableux, argileux et graveleux se prêtent à merveille à la culture de ce cépage.
Les autres variétés qui sont cultivées sur les terres de Napanook sont le Cabernet Franc, le Petit Verdot et le Merlot, mais ce dernier n’entre pas dans l’assemblage final.

Le cuvier est composé de 50 cuves inox thermorégulées de toutes tailles de sorte à pouvoir vinifier de façon flexible en fonction des différents lots produits. 

Si la structure des chais et des bureaux n’a été achevée qu’en 1997, Christian Moueix a vinifié son premier millésime de Dominus en 1983.

Notes de dégustation

Dominus Estate 2005 – Napa Valley
Le premier nez présente un côté réglissé et mentholé, la cerise bien mûre, avec cependant une certaine fraicheur. L’arôme de la cerise se confirme à l’aération, ainsi que la réglisse, qui s’accompagne d’épices, de cardamome, de coriandre, avec des notes de caramel suave mais délicat.
En bouche, les fruits noirs mûrs et la réglisse se combinent à la perfection pour produire un ensemble superbe d’équilibre. Le vin présente une souplesse surprenante pour un vin si jeune, beaucoup de douceur mais cependant soutenue par une belle matière. Très belle longueur harmonieuse.
Une longue garde se laisse envisager.
 

Dominus Estate

Napanook Road

Yountville, CA 94954


Par Jeanne Girardot
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Vendredi 2 janvier 2009


C'est en rencontrant mon mari et par la suite, ma belle famille, que j'ai découvert cette propriété. Né à Aix-en-Provence, Laurier, est imprégné de cette belle région de Provence depuis sa tendre enfance. Sa maman, Romarin habite toujours au pied de la montagne Sainte Victoire. Nous connaissions bien les vins de Château Simone mais si les parents de Laurier s'y étaient rendus au début des années 1980, nous n'avions jamais trouvé l'occasion de venir visiter la propriété. C'est désormais chose faite, car nous avons eu le plaisir de la visiter quelques jours avant Noël...



Monsieur Rougier, propriétaire de ces lieux, nous a fait l'honneur de nous présenter le château. C'est avec une passion communicative qu'il nous a tracé le portait de cette belle propriété provençale, tout en ponctuant son récit d'anecdotes croustillantes, certaines datant de la seconde guerre mondiale, comme celle où il se rappelle courir après des soldats allemands dans les vignes du château, alors qu'il était enfant. 

Pour situer
Le Château Simone, situé sur les hauteurs du village de Meyreuil, à moins de 3 kilomètres d'Aix-en-Provence, fait partie de la petite appellation Palette. C'est en 1948 que l'appellation Palette a vu le jour et pendant plusieurs dizaines d'années, le Château Simone fût le seul à produire des vins issus de celle-ci. 
Cette propriété appartient à la famille Rougier depuis 1850.

Quelques mots sur la production
La majeure partie des 21 hectares de vignes de la propriété s’étendent sur le versant nord, ce qui confère une exposition idéale à l'ensemble du vignoble, et évite que celui-ci ne pâtisse des excès du soleil du midi. C'est cette caractéristique qui permet au Château Simone de produire des vins avec un niveau de fraîcheur sans égal dans la région.

Le vignoble est planté sur un sol composé d'éboulis calcaire, sur un sous-sol argileux avec des affleurements rocheux. L'âge moyen des vignes est de 50 à 60 ans, et certaines parcelles ont plus de 110 ans.

Le château Simone élabore des vins blanc, rosé et rouge, pour une production totale d'environ 100 000 bouteilles par an.

Le cépage principal qui entre dans la composition du vin blanc est la Clairette (80%). Elle est accompagnée de Grenache Blanc, d'Ugni Blanc, de Bourboulenc et de Muscats Blancs.
La vinification se fait sur lies en petits foudres de chêne pendant 8 mois. Vient ensuite un élevage en barrique qui dure 10 mois.

Le rosé est vinifié à partir de Grenache, de Cinsault et de Mourvèdre. La vinification se fait également sur lies fines en petits foudres de chêne.  

Le vin rouge est composé à 50% de Grenache, à 20% de Mourvèdre et à 10% de Cinsault. Ces 80% sont complétés par des cépages secondaires qui sont la Syrah, les Castets, le Manosquin, le Carignan et autres Muscats. La vinification est l'élevage se font en petits foudres de chêne pendant 18 mois, puis en un an barriques.

Notes de dégustation
L'habillage des vins de Château Simone est un plaisir pour les yeux. L'étiquette à elle seule est un mythe. Intemporelle, elle est restée pratiquement inchangée depuis sa création, et semble avoir traversé le temps sans prendre une ride.
Il en est de même pour la bouteille, dont la forme est toujours la même depuis son origine. Seule exception, le millésime 1943. En effet, en plein coeur de la guerre, il fut alors impossible de se procurer des bouteilles, et il fallut mettre la production de l'année dans des bouteilles de Cognac...

Château Simone - Palette - Blanc 2006
Le premier nez présente des notes délicates de fleurs blanches, de fumé, de vanille et d'épices. A l'aération, c'est un sublime arôme de tarte poire amande qui s'exprime, de quoi retomber en enfance.
En bouche, les notes de poire, d'épices, d'agrumes et de pêche prennent le dessus. La vivacité en bouche est surprenante, bien plus marquée qu'au nez, sans pour autant être agressive. La finale longues, délicate, sur les épices, laisse présager un bel avenir. D'ailleurs, quelques années en caves lui seraient salutaires.
Un très beau vin.

Je n'ai pas dégusté de Château Simone rouge suffisamment récemment pour en  faire un commentaire digne de ce nom, néanmoins, ce sont des vins d'une complexité et d'une délicatesse remarquables. La finesse de leur tanins ajoute à l'élégance de l'ensemble. Par ailleurs, ils présentent le plus souvent, une fraîcheur étonnante pour des vins du Sud-Est.
Ce sont des vins de longue garde.


Château Simone
13590 MEYREUIL
Tel: 04-4...
mail@chateau-simone.fr
www.chateau-simone.fr

Par Jeanne Girardot
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Samedi 18 octobre 2008

Lorsque nous habitions en Californie, il nous arrivait bien souvent de « boire international » car nous avions accès à une foultitude de très beaux vins venant des quatre soins du monde. En France, nous sommes un peu -beaucoup- chauvins, et les vins étrangers qui se baladent dans nos linéaires ne sont pas dignes de ce nom. La plupart du temps ce sont des marques dont la qualité est loin d’être le reflet des jolies choses qui se font par delà nos frontières. 

Nous avons récemment eu l’occasion de voyager oenologiquement au Liban. Un bien beau voyage assurément ! Il s’agit d’une bouteille du Château Ksara, manifestement l’un des fleurons de la viticulture Libanaise. On ne s’en douterait pas, mais le Liban produit de bien jolis vins !...

Pour situer
Le Château Ksara et son vignoble sont situés au Liban, dans la Bekaa Valley, à une trentaine de kilomètres à l’Est de Beyrouth. Eh oui, le Liban produit du vin, même du très bon vin ! Cette vallée viticole, qui s’étend sur près de 120 kilomètres, bénéficie d’un climat méditerrannéen. Le Château Ksara y produit des vins depuis plus de 150 ans.
Le sol est composé d’argile couleur brique et de calcaire. 

Quelques mots sur la production
Le Château Ksara cultive une large palette de cépages. Pour ses vins rouges et rosés, il s’agit du Cabernet Sauvignon, du Merlot, du Cabernet Franc, de la Syrah, du Mouvèdre, du Tempranillo, du Grenache, du Carignan et du Cinsault. Pour ce qui est des blancs, ce sont le Chardonnay, le Sauvignon, le Semillon, le Gewurztraminer,  le Muscat, la Clairette et l’Ugni-blanc. Qui poussent dans la Bekaa Valley.

La bouteille que nous avons dégustée était une Réserve du Couvent 2006. Issus d’un assemblage de Syrah, de Cabernet Sauvignon et de Cabernet Franc.

Note de dégustation
Très intense au nez, il présente un beau fruit. C’est une explosion d’épices, de fruit bien mûr, de cerise, de bonbon acidulé avec un petit côté pruneau.
En bouche, c’est poivré, épicé, avec des arômes de fruits des bois, de fruits noirs mûrs. Ce vin est puissant et souple à la fois. La légère amertume en fin de bouche trahit la jeunesse de ce vin qui mériterait sans doute deux à trois ans de cave. Les tanins sont cependant agréables et bien intégrés. L’ensemble est bien équilibré avec une finale suave et toute en finesse.

Côté accord mets-vin
Nous avons dégusté ce vin sur le Lapin au Laurier dont je vous ai donné la recette récemment...

Photo Carte, Crédit: Internet

Par Jeanne Girardot
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Dimanche 21 septembre 2008

J’ai la chance et le grand bonheur de travailler dans le monde magique du vin. Magique car il apporte chaque jour son lot de surprises et de découvertes plus enivrantes les unes que les autres.

Un des aspects fascinants de cet univers à la diversité vertigineuse est la dégustation. Elle a le pouvoir de transporter vers des dimensions extraordinaires, insolites et même de réveiller d’une longue amnésie sensorielle. Pour ce délicieux exercice, toute notre mémoire olfactive et gustative est sollicitée.

De la même manière que la madeleine de Proust, elle peut tantôt évoquer le parfum d’une ballade en forêt, à la fin de l’été ou tantôt nous faire régresser en enfance avec le souvenir d’une tartine à la confiture, sur la table de la cuisine de notre grand-mère.

C’est donc avec un enthousiasme non dissimulé que je me suis précipitée à Saint-Julien, lorsque David m’a proposé « une verticale » -dégustation de plusieurs millésimes successifs d’un même vin- du Château Gruaud Larose.

 
Pour situer
Le Château Gruaud Larose, d’appellation Saint-Julien, est un 2nd Cru Classé en 1855. Situé non loin de la route des châteaux du Médoc, entre Margaux et Pauillac, cette propriété appartient à la famille Merlaut.

Quelques mots sur la production
Les 82 hectares de vignes de la propriété s’étendent sur un sol composé de graves profondes. A l’instar de la plupart des propriétés médocaines, le vignoble du Château Gruaud Larose est principalement planté en Cabernet Sauvignon, le cépage roi du Médoc.  

Q
uatre autres cépages entrent dans l’assemblage du grand vin, le Merlot, le Cabernet Franc, le Petit Verdot et le Malbec. Leur part varie selon les millésimes.

Le second vin produit par le Château est Sarget de Gruaud Larose.

Notes de dégustation

L’un des aspects intéressants de la dégustation verticale réside dans l’opportunité d’identifier le caractère représentatif du vin, la petite note personnelle qui revient à chaque millésime comme un fil conducteur, et qui constitue, en quelque sorte, la marque de fabrique de la propriété.

A mon sens, la marque de fabrique de Gruaud Larose est caractérisée d’une part, par une extrême finesse des tanins, et d’autre part, par un classicisme hors pair, qui fait s’exclamer : « Voilà un Grand Bordeaux digne de ce nom! ».

Voici donc mes impressions sur cette exceptionnelle dégustation…

 

1980
Avec un nez de miel et de coriandre et des notes délicates de fruits, ce vin promet davantage que ce que l’on pourrait attendre de ce millésime. Cela se confirme en bouche avec un ensemble très fin, très complexe. Des notes d’aromates frais et d’épices orientales lui confèrent une jolie fraîcheur accompagnée d’un petit côté pineau. La finale s’oriente sur le café et le tabac.
On m’a toujours dit que mon année de naissance n’était pas fabuleuse côté vin. Ce Gruaud Larose 1980 serait-il l’exception qui confirme la règle ? 

1981
Nez de foin sec et notes de brûlé. Peu expressif en bouche, on reste sur cette note légèrement brûlante, avec une finale un peu abrupte.
C’est le millésime par lequel j’ai le moins été séduite.

1982
Superbe nez après le 1981. Il exprime de la framboise et de la groseille dont on aurait fait une confiture légère et très fruitée. En bouche c’est encore un très beau fruit. Il me semble qu’il ait atteint son apogée il y a quelques années, cependant, l’ensemble est bien équilibré et se tient encore parfaitement.

1983
Déjà au nez, le 1983 se montre plus complexe avec un côté un peu animal accompagné de fruits noirs mûrs, de prune, d’amande fraîche. La palette est très large, tant au nez qu’en bouche, où l’on retrouve les fruits mûrs et l’amande. Les tanins sont bien présents mais très fins et l’ensemble est à la fois très délicat et vif et nerveux. Ce vin a encore quelques années devant lui.

1984
Avec un nez légèrement animal et des notes chaudes, ce 1984 semble être dans le même registre que  le 1981, tout en étant plus fin. En effet, c’est un joli fruit qui s’exprime en bouche, avec une belle évolution. Les tanins sont toutefois légèrement asséchants.

1985
Au nez, le vin s’exprime sur des fruits rouges et des feuilles d’eucalyptus. En bouche, on retrouve les fruits rouges qui sont accompagnés d’arômes évolués. L’aspect serré des tanins est exacerbé par une note de brûlé en fin de bouche. La finale est assez courte en comparaison avec le 1984.

1986
On note ici une cassure nette par rapport aux millésimes précédents. En effet, on passe sur une génération de vins qui possèdent encore un potentiel remarquable. Une belle structure, beaucoup de volume et de longueur. Ce 1986 me rappelle un peu le 1983, avec davantage de matière et une finesse des tanins encore plus évidente. Ce vin au caractère jeune montre un très bel équilibre.

1987
Ce vin présente un nez de bonbons anglais avec une jolie fraîcheur. En bouche, on retrouve cette note acidulée accompagnée de notes de feuilles d’eucalyptus mouillées, et d’un côté très fruits frais. L’expression en bouche est fraîche mais relativement courte. Ce 1987 ferait un mariage heureux avec une viande blanche.

1988
Ce vin explose littéralement au nez. Il exprime le litchi, la fraise, la pêche blanche, les fruits exotiques, puis les arômes s’orientent sur la viande grillée et le thym. En bouche, la palette d’arômes est tout aussi vaste avec beaucoup de fruit, des notes viandées et épicées, et l’ensemble est d’une fraîcheur déconcertante. C’est un 1988 mais à l’aveugle on ne lui donnerait pas plus de 10 ans. Ce vin a un petit côté étrangement Pauillac. Superbe de complexité et d’équilibre.
Sur l’ensemble de la dégustation, c’est mon préféré.

1989
Le nez présente des notes chaudes et évoluées –David me précise que le 1989 fût le millésime le plus précoce depuis 1843, les vendanges ont débuté le 14 septembre- il manifeste des arômes confiturés et de tarte aux mûres. En bouche des arômes de cèdre, de compote de figue et de confiture sont accompagnés par des notes de viande rôtie. Comparé au 1988, il me semble plus puissant, plus musclé, mais n’égale pas son extrême finesse. Il est aussi plus ouvert, plus accessible que le 1988, qui recèle certainement des trésors encore non dévoilés. Son exubérance exigera de l’accompagner avec du gibier ou de l’agneau.

1990
Avec un nez confituré, de porto, d’abricot sec de miel et de pruneau, ce 1990 semble rester dans la lignée du 1989. En bouche, il se révèle pourtant moins évolué que son prédécesseur, avec des arômes de fruits frais, d’orange confite et de cacao. Ses tanins sont bien fondus. Il est prêt à boire aujourd’hui.

1991
Un côté un peu herbacé au nez, comme de l’herbe coupée, s’accompagne de notes de myrtille. En bouche c’est plutôt une bonne surprise avec un joli fruit. Ce n’est pas un monstre de complexité et de longueur comparé à ses congénères mais il n’en reste pas moins tout à fait honorable.

1992
Au nez, manifestement plus riche que celui du 1991, je retrouve avec surprise la pâte de coing de ma grand-mère avec ce côté séveux et fruité. En bouche c’est l’intensité du cacao qui prédomine. Cet arôme de chocolat noir intense n’a rien pour plaire à la non-amatrice de chocolat que je suis, mais cela n’engage que moi. Il n’en est pas moins complexe et très bien équilibré.

1993
Le nez est axé sur des arômes de jus de cuisson, de rôti aux aromates. Ce côté viandé est renforcé par une note d’évolution. La bouche est fraîche avec une belle acidité, des fruits rouges vifs et des notes de pain brioché toasté et de noisettes grillées. Ce vin n’a pas encore atteint son plein potentiel d’évolution comparé aux 1991 et 1992, mais cela ne saurait tarder.

1994
Le nez, initialement caractérisé par du feuillage, du sous-bois, s’oriente ensuite sur des notes grillées et rôties. En bouche, les notes de fruits dominent avec de la mûre, de la quetsche, de la compote de prune, de la mirabelle. Les tanins sont serrés, ce qui lui donne un caractère légèrement dur. L’intensité en bouche disparaît assez soudainement.

1995
Son nez discret laisse penser que ce vin doit encore attendre un temps en cave avant d’être bu, afin de le laisser s’exprimer pleinement. Les arômes dominant sont ceux des cerises Napoléon (variété de cerises à chair jaune et rouge, au goût un peu acidulé), succédés par des notes fumées. En bouche, on reste sur le côté fumé, puis c’est le fruit et la compote de pomme, et de pêche qui s’expriment. La longueur moyenne est compensée par un bel équilibre. Le vin est encore un peu austère, les tanins ont besoin de s’intégrer. Il est cependant très prometteur.
 
Si chaque millésime s’exprime à sa façon, l’ensemble montre que les vins de Gruaud-Larose se caractérisent par l’omniprésence d’une qualité et d’une élégance remarquables.

Merci à David pour cette fabuleuse dégustation.

Château Gruaud Larose
33250 Saint-Julien-Beychevelle

La Classification de 1855 

Par Jeanne Girardot
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Vendredi 29 août 2008

 

Boris nous avait fait déjà fait partager un Montilla-Moriles de Las Bodegas Toro Albalá, millésime 1945, un vin blanc liquoreux originaire de la province de Cordoue, exceptionnel à tous points de vue.

La semaine dernière, il nous a fait la surprise de nous apporter une autre bouteille du même cépage espagnol, le Pedro-Ximenez, PX pour les intimes, et de la même appellation, Montilla-Moriles, mais cette fois-ci le vin date de 1927 !


C’est la Bodega ALVEAR, fondée en 1729 qui produit ce vin. Ce vieux millésime n’a été mis en bouteille qu’en février 2007, il est donc resté en fût pendant 80 ans !



Commentaire de dégustation
Robe : Caramel sombre.

Nez 
: Très puissant et complexe avec des arômes de noix, vin de noix, châtaigne, amande amère, caramel. Le nez est légèrement brûlant avec des notes de torréfaction.

Bouche
 : L’attaque est puissante est complexe, tout comme le nez, tout en étant voluptueux. Très dense, il présente des arômes de noix, caramel, châtaigne grillée, abricot sec moelleux, café, chocolat noir. On retrouve le côté brûlant du nez. Belle longueur, les arômes de café et d’amande caramélisés restent très longtemps sur le palais. Un pur délice.

Pour faire une comparaison avec le vin précédemment dégusté de Las Bodegas Toro Albalá, 1945, il est moins complexe et moins puissant, mais il faut dire que ce 1945 était absolument incroyable. Même s’il n’égale pas le 1945, ce 1927 est tout de même superbe !

Pour le 1945, j’avais opté pour ne pas accompagner ce fabuleux nectar. Il faut dire que de tels vins se suffisent à eux même, tant leur structure est dense et complexe.
S’il le faut vraiment, je le servirais pour accompagner un foie gras mi-cuit ou poêlé.

Par Jeanne Girardot
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Vendredi 22 août 2008

« Une petite verveine pour digérer ? »
« Volontiers, je mets de l’eau à bouillir ! »

« Pensez- donc ! Ce n’est pas de tisane que je parle mais de choses sérieuses ! »

 

Ma belle mère Romarin (Rosemarijn en néerlandais, francisé depuis son enfance), habite à Pourrières, un petit village niché au pied de la montagne Sainte Victoire, près d’Aix-en-Provence. « L’Herbier » porte bien son nom. C’est un petit coin de paradis aux senteurs provençales, avec des oliviers, de la lavande et des cigales. Le rêve en somme. 

C’est elle qui m’a fait découvrir ce petit délice élaboré avec les feuilles de verveine de son jardin, qui là-bas pousse comme des mauvaises herbes. 

Depuis que j'y ai gouté, ce nectar est devenu mon péché mignon. Les savoureux dîners de Romarin à l’Herbier se terminent presque toujours par une petite larme de verveine dans la douceur du soir provençal. A lui seul, ce petit moment de bonheur suffit à me faire rêver le reste de l'année...

La recette est  simple, un vrai jeu d’enfant (enfin de grands enfants) :
 

40 feuilles de verveine
que l’on fait macérer avec 40 morceaux de sucre, pendant 40 jours dans 1 litre d’alcool pour fruits (que l’on trouve en supermarchés)
 

La jolie couleur verte fluo du début ne dure pas, on obtient après le passage au chinois, une couleur dorée qui tire vers le brun clair.
 

Vous m’en direz des nouvelles !...

Par Jeanne Girardot
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Lundi 18 août 2008

Ce week end, nous avons fait une charmante petite escapade en Dordogne. Samedi matin, après nous être repus des senteurs et des couleurs du joli marché de Bergerac, nous nous sommes dirigés vers le charmant village de Monbazillac pour visiter son château et déguster ses vins.

 

Monbazillac est une appellation qui produit des vins blancs liquoreux. Tout comme pour l’élaboration du Sauternes, l’assemblage de ces vins est composé des cépages Sauvignon Blanc, Sémillon et Muscadelle.  

Nous avons dégusté deux millésimes du Château de Monbazillac.

 

Château de Monbazillac – Monbazillac 2003

Très légèrement cireux au nez, il exprime de belles notes de figue, d’abricot et de confiture de prunes.  En bouche, il est résolument sur la compote d’abricot avec des notes de noisettes grillées. Il présente un côté agréablement suave et frais. Très joli ! ***

 

Château de Monbazillac – Monbazillac 2005

Au nez, les arômes sont sur la compote de pomme, la pêche blanche, la poire avec l’abricot sec et moelleux qui domine. En bouche il est à la fois très dense et très délicat et fin. La poire au sirop avec un peu d’épices, et toujours l’abricot moelleux. Moins confit que le 2003, il est admirable d’équilibre ***1/2

 

Laurier et moi-même avons séduits par ce très beau vin !

Par Jeanne Girardot
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Samedi 26 juillet 2008

Lors de notre petite escapade en Anjou à la fin juin, nous avons visité le Château de Fesles, qui produit des vins du Val de Loire, et notamment dans l’appellation Bonnezeaux 

Pour situer…

Le Château est situé à Thouarcé, à une trentaine de kilomètres au sud d’Angers. La propriété possède l’un des plus anciens vignobles d’Anjou et notre ami Pierre-Yves, qui est du cru, estime que le Château de Fesles représente à Bonnezeaux ce que les Grands Crus Classés sont à Bordeaux, en termes de qualité de vin, ainsi que de référence.  

La production

Les 35 hectares de vignes sont plantés principalement en Chenin Blanc, pour la production du liquoreux et des blancs secs, mais aussi en Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon pour la production des vins rouges et rosé. 
 

Outre le fameux Bonnezeaux, qui est un vin blanc liquoreux, la propriété produit plusieurs types de vin : de l’Anjou Rouge et de l’Anjou Village, pour le rouge, de l’Anjou Blanc, ainsi qu’un rosé d’Anjou.

Commentaires de dégustation

 

Château de Fesles – Anjou Blanc 2006  ***

Nez brioché, boisé, avec des notes de pain d’épice. En bouche il est frais, propre, avec une belle acidité et une longueur très agréable qui va en s’intensifiant. Il est ample mais sans excès et sans artifice. C’est un Chenin Blanc vif et facile à boire. (7,50 € la bouteille)

Château de Fesles – « La Chapelle » - Anjou Blanc 2006  ***1/2

Nez séduisant de fleurs, notes de cardamome, c’est une belle expression aromatique du Chenin Blanc. En bouche il présente de beaux agrumes, de la compote d’abricot, de pomme avec un peu de caramel. La finale est moins vive que pour l’Anjou Blanc classique, mais la complexité est d’un niveau supérieur. (12 € la bouteille)

 

Château de Fesles – Anjou Rouge Vieilles Vignes 2006  *1/2

Ce vin n’a pas été filtré.

Je dois avouer que c’est le vin qui m’a le moins plu. Je perçois au nez côté lacté que je ne trouve pas très à propos, en bouche il est plutôt sur des arômes de chocolat et les fruits noirs restent discrets. Il est un peu trop extrait à mon goût. (6 € la bouteille)

 

Nous avons dégusté le premier vin, mais celui-ci était oxydé, je ne dépose donc pas de note de dégustation. Cependant, aux vues de la qualité du second vin, j’ose imaginer que le premier est de toute beauté…

 

Château de Fesles – Second Vin - Bonnezeaux 1998  ***1/2+

Une belle concentration et vivacité au nez avec du miel d’acacias, de l’abricot, avec un côté brioché. En bouche, il est également bien vif avec des arômes de mangue ainsi que de cardamome à nouveau. Il est suave et aérien. Il est doté d’une belle densité en bouche sans pour autant présenter de lourdeur, ce qui me plait beaucoup dans un liquoreux. Une belle longueur pour terminer en beauté. Belle densité en bouche  , boisé, avec des notes de pain d’épice. En bouche il est frais, propre, avec une belle acidité et une longueur très agréable qui va en s’intensifiant. Il est ample mais sans excès et sans artifice. C’est un Chenin Blanc vif et facile à boire. (18 € la bouteille de 50cl)

 

Nous avons reçu un accueil extrêmement chaleureux, au château de Fesles. Notre hôte s’est montrée tout à fait sympathique et nous a accordé beaucoup de son précieux temps. Les structures sont belles, les vignes sont bien tenues, la salle de dégustation est spacieuse et permet une dégustation dans de bonnes conditions, et pour ne rien gâcher, les vins étaient très bon. Une très belle découverte !

Par Jeanne Girardot
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